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Synthèse des 70 recommandations sénatoriales de lutte contre les feux de forêt / Objectif : prévenir l'embrasement (Rapport d'information n° 856)

Crédits photos : Futura-sciences.

Alors que dans l'inconscient collectif, la fin d'année est plutôt synonyme de froid, de neige et de chocolats chauds devant la cheminée, la Haute-Corse vit, en plein mois de Janvier, son premier feu de forêt et de végétation de l'année et a vu partir 230 hectares en fumée près de Barbaggio, commune située au nord de Bastia.

Fort heureusement, aucune victime n'est à déplorer et aucune maison n'a été endommagée mais la précocité de cet événement laisse craindre le pire pour 2024.


Plus que jamais, les pouvoir publics se penchent sur cette menace grandissante et la prise de conscience est réelle.


Petit retour en arrière sur les recommandations du rapport d'informations du Sénat relatif à la prévention et à la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie.


Une stratégie française d'attaque massive du "feu naissant" qui a fait ses preuves.


En effet, depuis la mise en œuvre de cette stratégie dans les années 80, les surfaces boisées brûlées ont été divisées par 5 entre les périodes 1980-1989 et 2015-2020 mais il ne faut pas crier victoire et les événements récents nous le prouvent.


Ces deux dernières années, la France a connu trois des plus grands incendies ayant touché son territoire ces 40 dernières années.


La France doit se préparer à une évolution défavorable du risque, engendrée par le réchauffement climatique ainsi que par l’augmentation de la biomasse forestière.

Et en 2050, les experts prévoient que près de 50 % des landes et des forêts métropolitaines pourraient être concernées par un risque incendie élevé, contre un tiers en 2010.


Le développement des feux hors-normes met à mal la stratégie Française de lutte contre les incendies.


Cela faisait près de 20 ans qu'aucun incendie n'avait dévasté plus de 5 000 hectares (soit la moitié de la ville de Paris ou 7200 terrains de football) quand la France a du faire face à 3 "méga-feux" en 2021 et 2022 (Gonfaron, La Teste de Buch et Landiras) totalisant près de 28 000 hectares.


Les sénateurs font un constat simple et déclarent que l'efficacité de la stratégie de lutte qui a fait de la France un modèle partout en Europe et dans le monde ne suffira pas face à l'émergence de feux hors-normes.


Grégory Allione, ancien Président de la Fédération Nationale des Sapeurs Pompiers (2018-2022)

On a les moyens de faire face aux méga-feux en France dès lors qu'il n'y en a qu'un seul à traiter.


Grégory Allione, ancien Président de la Fédération Nationale des Sapeurs Pompiers (2018-2022)









Prévenir le risque feux de forêt et feux de végétation en mobilisant l'ensemble des politiques publiques.


Alors comment répondre au défi représenté par les feux hors-normes ?

Les sénateurs recommandent d’élaborer une stratégie nationale interministérielle d’anticipation du risque reposant sur une amélioration des connaissances et des données relatives aux feux de forêt et de végétation.


L'équipe HWD House Water Dome vous livre ici une synthèse de leurs propositions et recommandations.


Anticiper : élaborer une stratégie nationale interministérielle articulant prévention et sécurité civile en prenant en compte l'évolution du risque.

  1. Mieux évaluer la "valeur du sauvé" afin de mieux calibrer les moyens de prévention et de lutte contre l'incendie et ainsi prévoir un doublement des moyens alloués à la prévention.

  2. Rétablir les 500 postes supprimés prévus en 2025 au sein de l'ONF.

  3. Encourager l'élaboration d'un plan de protection des forêts (PPFCI) dans les territoires classés à risque d'incendie.

Aménager le territoire : mieux réguler l'interface forêts/zones urbaines (Wildland Urban Interfaces) pour réduite les départs de feux et la vulnérabilité.


Aménager le territoire et réguler les WUI
Crédits photos : Jacquie manoel-Colin

Gérer la forêt durablement, premier des pare-feux.

  1. Abaisser le seuil d'obligation des documents de gestion durable pour la forêt privée à 20 hectares au lieu de 25 actuellement.

  2. Adapter les effectifs du Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) pour plus d'animation sur le terrain et une dynamisation de la gestion.

Aménager et Valoriser la forêt au niveau du massif.

  1. Intégrer la prévention du risque incendie aux objectifs des chartes forestières afin de faire de la structuration de filières en circuits courts un atout dans la connaissance et la gestion des massifs.

  2. Instaurer un droit de préemption des parcelles de forêts sans document de gestion durable et présentant un enjeu au regard de la défense des forêts contre l'incendie au profit des communes s'engageant à intégrer la parcelle au régime forestier.

Mobiliser le monde agricole dans la prévention des incendies.

  1. Permettre au préfet de prescrire la réalisation des travaux agricoles la nuit en cas de risque incendie "très sévère" et compenser le cas échéant les agriculteurs pour les coûts induits.

Sensibiliser les usagers via la communication et la répression

  1. Lancer une campagne de communication sur la prévention au niveau des préfets et des élus à l'automne et à l'hiver, notamment en matière de débroussaillement

  2. Mobilier le budget des collectivités territoriales pour recruter, former et équiper des jeunes du Service National Universel (SNU) afin de prévenir et sensibiliser les usagers en forêt lors de périodes à risque

Prévention des feux de forêt / Campagne nationale

Lutter : financer et équiper la lutte incendie à la hauteur du risque.

  1. Augmenter le budget de la protection civile pour permettre l'acquisition de moyens aériens à la hauteur du risque et s'appuyer si besoin sur la location d'appareils.

  2. Augmenter significativement la dotation de soutien de l'Etat à l'investissement des SDIS, pour permettre notamment l'acquisition de véhicules et leur renouvellement.

Canadair en action
Source : Marins pompiers de Marseille

Reboiser : financer la reconstitution de forêts plus résilientes après l'incendie.

  1. Conditionner l'aide de l'Etat à des choix d'essences et de gestion adaptés au risque incendie (en maintenant par exemple les pares-feux ou en expérimentant des corridors de feuillus ou une moindre densité de peuplement).


La « guerre contre le feu » ne sera donc gagnée qu'au prix d'un effort impliquant toutes les politiques publiques et faisant une plus large part à la prévention. Tel est le message central du rapport adopté, le 3 août 2022, par la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable et la commission des affaires économiques du Sénat.


Les premières mesures ont été prises mais la route est encore longue.


Pour plus d'informations, le rapport complet est disponible ici




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